La Cathédrale et le cloître de Tulle

​L’existence d’une abbaye à Tulle est attestée dès le VIIe siècle. Au XIe siècle, elle adopte la règle bénédictine. En 1317, avec la création du diocèse de Tulle, l’église abbatiale est promue au rang de cathédrale. En 1796, la coupole s’effondre sur le transept et le chœur, tandis que la dernière travée de la nef est mutilée. Au début  du XIXe siècle, elle sera reconstruite et la nef fermée par un mur droit qui constitue le chevet actuel. L’édifice comportait à l’origine une nef avec bas-côtés, un transept avec deux absidioles, un chœur avec un déambulatoire sur lequel s’ouvraient quatre autres absidioles.
Sur le flanc sud de la cathédrale, s’élevaient l’ensemble des bâtiments canoniaux dont il ne subsiste aujourd’hui que le cloître. Il  fut édifié au XIIIe siècle, avec  des voûtes de style gothique,  utilisant plusieurs matériaux : le grès de Gramont, pour les colonnettes et chapiteaux, et le granit pour les éléments supportant la structure. En grande partie en ruines dès le XVIIIe siècle,  ses galeries connurent d’importants travaux de reconstruction à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.  Elles conservent des chapiteaux sculptés de motifs d’inspiration végétale. Dans la galerie Est se trouve une remarquable salle capitulaire dont les murs sont  ornés de fresques du XIVe siècle mêlant éléments peints et décor en relief. Deux peintures représentant L’entrée du Christ à Jérusalem et La Cène  permettent d’imaginer la richesse de la polychromie de l’édifice.
La galerie Ouest du Cloître abrite le musée du Cloître qui rassemble des collections variées, réunies à la fin du XIXe siècle par les érudits locaux regroupés au sein de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze. Ces collections témoignent des traditions, de l’histoire, de l’art et des activités  des hommes sur ce territoire du Bas-Limousin. A l’histoire du pays tullois, du poinct de Tulle et de l’accordéon s’ajoutent les paysages et les portraits de Gaston Vuillier. Les peintures, sculptures et broderies des collections d’art religieux du Moyen-Age au XXe siècle côtoient portraits, paysages et natures mortes, mobilier et céramiques sur trois niveaux.


 

Les Grandes Orgues de la Cathédrale de Tulle

Les Origines

Avant la Révolution Française, la Cathédrale de Tulle était dotée d’un orgue posté dans le bras gauche du transept.
En 1793, l’effondrement du dôme et du chœur entraina la destruction de cet instrument.
Il fallu attendre le milieu du XIXème siècle pour que l’édifice retrouve un orgue correspondant à sa dimension.
L’instrument actuel doit ses origines à John Abbey, facteur d’orgues anglais, installé à Versailles.
Le nouvel orgue figure à l’Exposition Universelle de Paris en 1839 avant de trouver sa place, en Août de la même année, à la Cathédrale, sur une nouvelle tribune construite spécialement pour lui.
John Abbey fait partie de ces pionniers, qui après la Révolution Française, redonnent un nouvel essor à la facture d’orgues en France.
La Cathédrale est ainsi dotée d’un instrument de 31 jeux, répartis sur trois claviers et un pédalier.
Sa composition est une composition de transition, elle n’est pas encore romantique, elle n’est plus tout à fait classique.
Par la suite, l’orgue connut plusieurs transformations ayant pour but de faire évoluer son esthétique selon le goût du jour.
A la fin du XIXème siècle, la composition de l’instrument comprend une quarantaine de jeux. Il s’agit là d’un orgue résolument romantique.

Le XXème siècle

La première partie du XXème siècle ne fera pas subir de modification notable à la composition. Le manque d’intérêt pour l’orgue et l’absence d’entretien particulier entraineront une dégradation importante du fonctionnement de la mécanique et une détérioration de la partie instrumentale.
A l’initiative de la l’Association des Amis de l’Orgue, créée en 1971, l’alerte fut donnée auprès de l’Etat Français, propriétaire de l’instrument, sur l’urgence de la situation et sur la nécessité d’une restauration.
En fait, il s’agit d’une totale reconstruction qui se réalise jusqu’en juin 1975 par la Manufacture Haerpfer & Ermann.
Tout le matériel ancien est réutilisé mais pour subir de profondes transformations :
la longueur des tuyaux est diminuée afin de les faire parler à une pression plus basse, le buffet est redessiné et s’inscrit ainsi mieux au sein de l’édifice, un positif de dos est créé.
L’orgue est mis au goût du jour, il compte désormais 42 jeux et son esthétique est néo-classique.
Mais au fil des années, ce travail ne donnera pas satisfaction et un déséquilibre acoustique entre le positif et le grand orgue apparut.

 Cliquez sur l'orgue pour le découvrir 

 

Il fallu attendre 1998 pour qu’une nouvelle restauration voit le jour accompagnée d’une totale ré harmonisation avec restitution de la longueur d’origine des tuyaux et élévation de la pression du vent d’alimentation.
Ce travail d’orfèvre fut réalisé par le facteur d’Orgues Bertrand Cattiaux jusqu’en juin 2002.
Bertrand Cattiaux est déjà connu pour avoir participé à la restauration de l’instrument de Notre-Dame de Paris et de l’orgue Cavallié-Coll de la basilique Saint Sernin de Toulouse.
Des chantiers de constructions d’instruments neufs et de restaurations lui sont confiés tout aussi bien en France qu’à l’étranger et notamment aux Etats-Unis.
Bertrand Cattiaux est considéré aujourd’hui comme une référence au sein de la facture d’orgue française et aussi comme l’un des plus réputés. Son atelier est installé à Liourdres, en Corrèze, non loin de Tulle.
Le résultat de la restauration à Tulle est remarquable à bien des égards :


« L’auditeur  est émerveillé par l’élégance et la finesse de la nouvelle harmonisation.
Elle joue sur un équilibre subtil des contrastes. Les jeux de fonds du 32’ au 2’ assurent une
belle assise tandis que les mixtures brillantes sans être agressives donnent à l’instrument du
caractère et de la couleur. Tous les claviers sont dotés de multiples jeux de détails qui, avec les jeux d’anches puissants et colorés, enrichissent encore la palette sonore.
Un autre attrait de l’instrument, et non des moindres, est d’offrir au concertiste un Positif, un Grand-Orgue et le Cornet V du Récit harmonisés dans l’esprit classique tandis que tout le Récit est résolument symphonique, une rencontre qui lui permet de servir la totalité du répertoire organistique au sein d’une restitution fidèle.
Il est rare de trouver un instrument d’une telle polyvalence. »
                                                                                                                    Michael Mat
thes.

 

La rencontre entre l’organiste Michael Matthes et le trompettiste anglo-américain Graham Ashton fut déterminante et c’est ainsi que ce CD fut enregistré, un voyage depuis la Renaissance à nos jours, dévoilant successivement les facettes romantique, symphonique et néo-classique aboutie du grand orgue.

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2018 -  Les Concerts du Cloître Tulle